Mini Cooper S Mk1 réalisée comme la réplique fidèle de la voiture numéro 177 qui remporta le Rallye Monte-Carlo 1967 avec Rauno Aaltonen. L’auto victorieuse était immatriculée LBL 6D, référence absolue dans l’histoire de la compétition automobile et de la Mini.
Connue du président du Works Register, Robert Young, cette Mini Cooper S dite « Works Re-creation » a été construite pour son précédent propriétaire par Kevin Clarke, spécialiste reconnu et constructeur de plusieurs répliques Works de très haut niveau. La base utilisée est une véritable coque d’Austin Cooper S d’origine, préparée conformément aux réglementations Groupe 2 et Annexe J du Rallye Monte-Carlo. De très nombreux relevés et mesures ont été effectués directement sur la voiture officielle Morris Works LBL 6D, ce qui explique la présence des badges Morris, fidèles à l’auto d’origine.
La coque a fait l’objet de renforcements spécifiques autour des points de fixation des berceaux, du frein à main, des traverses double peau ainsi que sous le bac à batterie. La suspension Hydrolastic correcte est bien entendu conservée, conformément à la configuration d’époque.
Le faisceau électrique avant a nécessité plus de 160 heures de travail, réalisé avec les couleurs exactes, les bonnes sections de câbles et les cosses appropriées. Les interrupteurs Lucas sont corrects et montés sur des panneaux de tableau de bord aux dimensions exactes. Le pare-brise chauffant est un remplacement, l’original s’étant fissuré, mais il est commandé par le rare et correct interrupteur Tok.
L’auto dispose de deux commandes de feux de route, reproduisant la configuration historique. Rauno Aaltonen ne pouvant atteindre la commande au plancher, Stan Chalmers, ingénieur électricien chez BMC, avait installé une commande supplémentaire sur la colonne de direction, configuration reprise sur cette voiture. Les chronomètres Heuer corrects sont présents, tout comme le tripmaster Halda en boîtier métal, dont l’entraînement par câble n’est pas fonctionnel, le manomètre d’eau capillaire correct ainsi que le compteur Monte-Carlo gradué jusqu’à 200 km/h avec totalisateur partiel. La rampe de phares additionnels est conforme, avec les deux projecteurs centraux équipés des rares lentilles Continental et les antibrouillards positionnés à l’extérieur, leurs caches Lucas étant rangés dans les vide-poches de portes.
L’arceau trois points John Alley d’origine est installé, avec son rembourrage cousu main, son protège-articulation et les ceintures Irvin d’époque. Le siège conducteur correct est garni du tissu spécifique rouge et gris, et son armature a été spécialement fabriquée, incluant le collier Jubilee conforme. Le cric rare des Minis Works est fixé derrière le siège conducteur.
Le siège navigateur est plus haut que celui d’une Mini de série et repose sur une base en aluminium, sans diaphragmes en caoutchouc, avec un appuie-tête spécifique maintenant les sangles. Les portes, serrures et montant central bénéficient de rembourrages copiés fidèlement sur la voiture originale. L’auto repose sur des jantes Tech Del Minilite équipées des pneumatiques Dunlop corrects.
À l’arrière, on retrouve les attaches Monte-Carlo à fermeture par levier, la protection en T des conduites de carburant et la pompe à essence correcte montée sous la banquette. La banquette arrière est d’origine, habillée de tissu brocart rouge et or, tandis que les bacs de portes sont de fabrication Newton. La tablette arrière accueille des casques aux couleurs correctes, des renforts en T, des goupilles de casques, une trousse à outils et des sangles en cuir fixées aux sièges arrière. Le porte-bagages de coffre est une reproduction fidèle de celui d’origine et transporte les roues de secours.
Le moteur 1 293 cm³ a été reconstruit selon les spécifications rallye Works par Bill Richards Racing. Alimenté par deux carburateurs SU de 1,5 pouce, il affiche une excellente pression d’huile et totalise moins de 1 000 miles depuis sa réfection, sans utilisation en conditions de compétition. Récemment mis au point par Tom Airey, il est réputé pour son fonctionnement souple et fiable. La boîte de vitesses, également assemblée par Bill Richards, est une Quaife à quatre rapports, associée actuellement à un couple conique plus polyvalent de 3,6:1, comme détaillé dans la documentation fournie.
Faisant partie d’une collection privée depuis environ 2010, cette Mini a été présentée lors de nombreux événements au Royaume-Uni. En 2011, elle a été invitée à être exposée au centre du Essen Motor Show aux côtés des plus grandes voitures de rallye, à l’occasion du centenaire du Rallye Monte-Carlo, portant alors les plaques LBL 6D. L’auto est accompagnée de trois classeurs regroupant les détails de construction, factures, photographies, contrôles techniques et historiques d’entretien, ainsi que d’un dossier séparé dédié aux spécifications et réglages du moteur.
Cette Cooper S Mk1 ne se limite pas à une évocation esthétique. Elle représente une reconstitution extrêmement aboutie, documentée et historiquement cohérente d’une des Mini les plus célèbres jamais engagées en compétition. Elle s’adresse à un collectionneur exigeant, sensible à l’authenticité, à la précision et à l’héritage sportif de la marque.